Vendredi 3 octobre 2008
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L’article 32 du règlement intérieur du conseil municipal, n’est pas du
goût des oppositions. Que dit-il - ce fameux article sur le bulletin d'information générale (chapitre Dispositions diverses) ?
Il rappelle les dispositions du code général des collectivités territorial qui dit que dans les
communes de plus de 3500 habitants, les conseillers n'appartenant à la majorité ont le droit à un espace d'expression dans le bulletin municipal, si bien entendu, ce dernier existe. Sur la taille
de cet espace, l'article dit en gros débrouillez vous et voyez avec le règlement intérieur. Alors aussi sec le brave article 32 précise bien les choses et parle d'ailleurs des groupes d'élus
représentés.... Alors hop un p'tit tour à l'article suivant : les groupes politiques.... Hahahaha voilà que c'est intéressant : les conseillers peuvent se constituer en groupe selon leurs
affinités politiques par déclaration adressée au maire sachant qu'un conseiller ne peut siéger que dans un groupe et que s'il n'a des affinités avec personnes, il rejoint les non-inscrits... Donc
les questions se bousculent... Est-ce que les groupes sont constitués obligatoirement des élus des différentes listes en présence ? Y a t il des chefs de groupe ? Si oui qui sont-ils ? Dans le
cas il y aurait des non-inscrits, ces derniers ont-il le droit de s'exprimer dans le bulletin municipal ?
Hé on le voit la question n'est pas aussi simple qu'elle parait et ne se cantonne pas à la
longueur des articles autorisés. Bien entendu les conseillers ont été voir ce qui se faisait ailleurs dans le Pays de Lorient ou dans la région et chacun a sorti les exemples qui
l'arrangeait.
Mais si l’on creuse un peu la question, cela devient vite très vite complexe…L’an dernier par exemple,
le député de la Loire François Roblechoine, s'inquiétait des conditions de mise en oeuvre de l'article L.2121-27-1 du Code général des collectivités territoriales celui qui fait donc obligation
de réserver un espace à l'expression de l'opposition dans le bulletin et les autres supports édités par les communes de plus de 3.500 habitants. Selon ce brave député : "dans la plupart des
cas, la majorité municipale se contente de définir un espace limité dans lequel elle s'octroie son propre espace d'expression, comme si elle n'avait pas la possibilité de s'exprimer tout au long
du bulletin municipal". Roblechoine a donc demandé au ministre délégué aux collectivités territoiriales d’éclairer sa lanterne. Prudent, le ministre s’est retrancher derrière le fameux
règlement intérieur tout en précisant que la majorité ne doit en aucun cas empiéter sur l’espace réservé à l’opposition. Le tribunal administratif de Rouen a par exemple annulé en mars 2005, la
délibération d'un conseil municipal prévoyant que chaque liste composant le conseil municipal avait accès à l'espace "libre expression" défini par le règlement intérieur, introduisant la notion
d’espace inaliénable pour l’opposition.Mais, parait que rien n’interdit au directeur de la publication de prévoir dans le bulletin municipal une rubrique spécifique destinée aux élus de la
majorité…
Et puis y’a aussi une petite phrase dans l'article L.2121-27-1 : : dans les communes de 3 500
habitants et plus, lorsque la commune diffuse, sous quelque forme que ce soit, un bulletin d'information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal, un
espace est réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale l’article… Sous quelque forme que se soit une notion vague qui ouvre des
brèches. Hé oui les télés locales, les sites internet de collectivités locales sont-ils concernés ? Hein ? Dès 2002 cet aspect des choses avait titillé un parlementaire et s’en était inquiété
auprès du ministre de l’intérieur de l’époque. Ce dernier précisait que l’article 9 de la loi sur la démocratie de proximité du 27 février 2002 est applicable aux sites internet de ces
collectivités. Cet article offre aux élus de l’opposition une tribune dans les bulletins d’informations municipaux, départementaux et régionaux. Conséquence, la collectivité devra prévoir un tel
espace « si le bulletin d’information générale de la collectivité est mis en ligne sur le site internet » ou « si une rubrique de ce site reprend l’ensemble des informations
contenues dans le bulletin d’information générale »…
Sans doute que les groupes pourront en discuter dans les locaux que la commune va mettre à leur
disposition à l’école Jean Jaurès. Là aussi on peut se demander si la place de groupes politiques est à l’intérieur d’une école. Là aussi, c’est une question d’interprétation des textes. Mais bon
faut savoir être pragmatique et avoir suffisamment de souplesse et d’intelligence pour trouver un terrain d’entente. Mais c’est quand même bien compliqué la démocratie qui, parait-il s’use quand
on ne s’en sert pas…
Petit rectificatif sur l'hébergement effectué dans l'école Jean Jaurès.
Ce ne sont pas des groupes politiques qui y seront peut être hebergés mais bel et bien des élus, minoritaires certes, mais élus quand même.
On ne demande pas aux autres personnes adhérentes à telle ou telles autres associations hébergées à Jean Jaurès ou à Anatole France leur appartenance politique. Alors les groupes d'opposition municipale restent des groupes de citoyens un point c'est tout.
D'ailleurs petit travail d'investigation journalistique "combien y a t il d'encartés parmi ses 9 personnes???"
A bientôt
Quant au nombre d'encartés, pourquoi se limitter uniquement à 9 personnes, y'en a quand même 29 qui siègent au conseil. Et puis faut-il être nécessairement encarté pour faire la politique ?
Ceci dit, il ne doit pas y avoir beaucoup d'encarté dans l'opposition... Et dans la majorité ?
Notre législateur a sauf erreur de ma part permis aux maires d'utiliser les écoles publiques communales hors temps scolaires, pour répondre aux besoins des associations sportives et culturelles, sous réserve que le service publique d'éducation puisse fonctionner correctement. Il est vrai que les écoles disposent parfois d'espace libre conséquent.
C'est ainsi qu'à Quéven, l'école de musique utilise des locaux scolaires.
Personnellement, tant que cela ne gène en rien le fonctionnement de l'école, je trouve que c'est une bonne chose.
Heureusement, il est impossible d'organiser des cours de batterie dans une salle jouxtant une classe apprenant la division, effectuant une dictée. Une évidence, non ? Quoique...
Mais notre législateur n'a parlé ni de mouvement politique, ni de mouvement cultuel ou syndical : laïcité et neutralité de l'école publique obligent.
Je n'ai strictement rien à reprocher aux groupes d'opposition de Quéven.
Mais, les accepter à l'école, c'est devoir accepter, demain ou après demain, que des groupes soutenant une idéologie "engagée" - ce qui n'est pas la cas aujourd'hui sur notre commune, je le répète - bénéficient de locaux dans une école.
Heu... Vous aimeriez que votre enfant aille dans une école qui héberge des groupes politiques d'extrème droite ou d'extrème gauche ? L'idée est-elle acceptable ? Acceptereiz-vous que votre enfant, en sortant de la garderie ou de l'école, à 16h30 rencontre, croise un leader extrémiste en visite localement et les journalistes qui le suivent... N'existerait-il pas un "risque accru" en cas de tension : il me semble que nous ne sommes-nous pas sous plan vigipirate vert aujourd'hui...
Trouver une lieu pour les groupes d'opposition est d'importance : c'est une question de démocratie. Ils doivent pouvoir travailler correctement, préparer leurs interventions, s'opposer à la liste majoritaire dans de bonnes conditions...
Mais choisir une école, une pierre angulaire de notre société, pour les héberger me paraît une idée non recevable. Ne mélangeons pas les genres.
Si le législateur change d'idée, la situation évoluera, peut-être... Il y a à droite et à gauche des personnes pour qui la neutralité et la laicité de l'école publique signifient quelque chose.
A ce jour, je pense qu'il est sage et prudent de préserver l'école et de refuser accueil de groupe politique ou cultuel.
Un militant pour la jeunesse